Le Ramadan est un mois spécial qui a une saveur et un goût incomparables. Le mois de Ramadan en Egypte est unique au monde, rien qu’à l’évocation de son nom. On ne sait pas comment un endroit dans le monde pourrait être plus vivant que ce pays. Même les pyramides et le Nil semblent s'animer. Le voilà qui touche à sa fin. Trente jours ont passé si vite. Entre culte et piété et traditions et coutumes des parents et des grands parents, les activités du Ramadan varient d'une province à une autre. Dans chacune, vous trouverez un goût différent pour le Ramadan. Aujourd'hui, on dévoile de nouveaux aspects de Ramadan, des célébrations et des rituels qui caractérisent chaque gouvernorat.
Par: Walaa El Assrah
En Alexandrie, le Ramadan a ses propres caractéristiques. Tu trouveras le goût de Ramadan sur les plages inhabituellement calmes d'Alexandrie et dans ses rues où tu sens l'odeur du l'iode de la mer et ses ruelles illuminées par les lanternes et les guirlandes.
La spiritualité de ce mois béni se sent lorsque tu arrives au carrefour des mosquées à l'est du port dans la région de bahari où se situe la plus célèbre mosquée de tous les temps "El Morsi Aboul Abbas", tout de suite à côté d’elle, la mosquée El Bosseiry.
Au milieu de ce tableau artistique peint avec excellence par les alexandrins, ils se rassemblent pour la prière de tarawih et la lecture du coran durant la soirée du Ramadan après la rupture du jeûne.
Durant la journée du Ramadan, les plages pittoresques d'Alexandrie semblent vides de visiteurs. Le soleil joue à cache-cache avec les barres des immeubles et les commerçants du marché du ramadan s'apprêtent à ranger leurs étals. Tandis qu'avec le coucher du soleil, la scène commence à changer. Les amoureux de la mer ne resteront pas les mains croisées, ils tiennent à prendre leur iftar sur les plages d'Alexandrie et d'autres y prennent leur sohour.
Quant à Minya, elle se caractérise du reste des gouvernorats par ses plats copieux pas comme les autres. Les femmes s'affairent autour de grandes casseroles et s'attachent à empiler de nombreuses barquettes durant ce mois. Mais la table n'est vraiment complète qu'avec les haricots germés, le chakchouka et Om Ali. Trois plats indispensables de la table de la Haute Egypte.
"A cause des situations économiques dans la plupart des familles égyptiennes,nous en tant que femmes nous avons recours à des plats dont le budget est limité pour ne pas peser sur le fardeau du chef de la famille." C'est pourquoi, on prépare des plats sains et à des prix modérés." Explique Almaz, femme au foyer.
Nadia Abdel Ghaffar ajoute que Minya se distingue par des plats populaires comme le "foul medames". La plupart des familles de Minya adore ce plat et le prépare à plusieurs façons avec de l'huile, parfois du beurre ou avec des tomates.
La majorité des familles tiennent beaucoup à se rencontrer dans les maisons. Autour de la télévision, jeunes et adultes se rassemblent et mangent des pâtisseries de ramadan comme la Konafa et om Ali.
A Assouan, l'ambiance est totalement différente. Synchronisme parfait au réveil, le Grand Temple d’Abou Simbel, érigé par et pour le pharaon Ramsès II, s’offre en spectacle depuis le pont supérieur du M.V. Sinai.
Les gens se rincent l’œil! Les tables de charité font le plein dès le premier jour de ramadan à Assouan. Riz parfumé, macaronis, soupe et viande d’agneau sont au menu. Il est 18h50 et tout doit être prêt pour l'iftar.
Une demi-heure après avoir rompu le jeûne, tous les ventres sont soulagés, les dernières assiettes débarrassées, la salle nettoyée. Tous installés autour de la même table et heureux d’avoir mené à bien leur mission, ils se racontent de façon hilare les accrocs auxquels ils ont fait face pendant la journée.
Les tables de charité demeureront jusqu'à la fin du monde, symbole de générosité et renforçant le symbole du partage entre les gens. A Assouan, certains mets sont envoyés aux mosquées pour les veuves et les nécessiteux, leurs mets sont livrés à leur maison. Les étudiants, les employés et les ouvriers sont les gens qui fréquentent le plus ces tentes de charité. Les Egyptiens aiment faire le bien, ils apportent des tas de riz et de macaronis et des poulets aux mosquées pour aider les gens à dresser des tables de charité de plus en plus nombreuses.
Au nord du Sinaï, l'iftar se poursuit en paix malgré l'opération du Sinaï 2018. Les bédouins sont optimistes vis-à-vis de cette opération de lutte antiterroriste. Beaucoup d'opérations ont eu lieu pendant les ramadans précédents.
Les fils du Sinaï voient le croissant du ramadan depuis les sommets des montagnes et des régions vides. Les bédouins prennent des repas qui coïncident avec les conditions climatiques et atmosphériques.
En hiver, ils dépendaient d’aliments secs qui les protègent de la soif et leur donne de l'énergie comme les lentilles. Tandis qu'en été, ils mangent de la pastèque. Au printemps, ils boivent du lait de chèvre.
Bien que des symptômes de la vie sociale et moderne s'infiltrent dans leur vie, les habitants du Sinaï tiennent à des coutumes aussi anciennes comme les tentes et la chasse bédouine. Les Bédouins tiennent à lire des receuils de poèmes et à l'iftar collectif. Chaque chef de famille apporte son fils avec lui, les femmes et les filles restent à la maison. Quant à l'hôte, il est traité avec une particularité sans faille. On lui prépare une table seule et des mets propres à lui seul.
Afin de respecter le Ramadan, la loi de la coutume est stoppée puisque les conflits et les différends prennent fin pendant ce mois. A el Wadi el Guédid, les rituels du mois du ramadan sont totalement différents. Les citoyens tiennent à mettre en application des coutumes des anciens parents. Vient au début de ses coutumes, le fait que les musulmans rompent le jeûne en mangeant des dattes.
Les jeunes se promènent sur ce qu’on appelle la Corniche considéré comme lieu de divertissement et l’un des refuges pour fuir la chaleur des maisons.
Il y a également des espaces touristiques équipés de cafeterias et des restaurants où les habitants prennent leur sohour.
Après la prière de Tarawih, ce qui est remarquable, c’est que les gens se réunissent pour discuter des problèmes de leur gouvernorat.